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En France, de nombreuses familles
tsiganes (quelque six mille hommes, femmes, vieillards, enfants)
furent internées dans des camps gérés par
l'administration française.
Cela s'est passé entre 1940 et 1946.
Nos livres d'histoire sont silencieux.
Nous connaissons la résistance
des français face à l'occupant allemand de même
que le versant sombre de la collaboration. Mais de ces visites,
faites le dimanche en famille, au camp des " nomades ",
l'Histoire n'a rien retenu.
De chaque côté des barbelés, que l'on soit
" nomades " ou villageois, le silence nous vole un pan
de notre histoire commune.
Chassés, privés
de liberté, maltraités, gardés sous la responsabilité
et le contrôle des autorités françaises, ces
enfants, ces femmes, ces hommes, attendent aujourd'hui encore,
la reconnaissance de l'Histoire et de la France, leur Histoire,
leur France. Simplement parce qu'ils sont, Tsiganes, Voyageurs
ou dits " nomades ", Bohémiens
ce droit
de mémoire leur a été dénié.
L'événement que
nous programmons pour 2010 témoigne de cette histoire oubliée,
de cette histoire qui nous appartient à tous, pour que
la mémoire ne s'échappe pas et que l'histoire ne
se répète pas.
Exigence de vérité, devoir de mémoire, reconnaissance
et hommage aux survivants de ces épreuves. Il y a urgence,
ils s'effacent dans l'oubli.
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Décret
du conseil des ministres du 6 avril 1940 (extrait) :
"
Il convenait d'interdire la circulation des nomades
et de les astreindre à une résidence forcée
sous la surveillance de la police et de la gendarmerie
"
Circulaire du ministre
de l'Intérieur du 29 avril 1940 (extrait) :
"L'article 2 du décret dispose que le Préfet
fixera, par arrêté, la localité où
les nomades devront se rendre. J'estime, cependant, que la réunion
des nomades en une sorte de camp de concentration présenterait
ce double inconvénient
"
Préfecture de la
Loire inférieure, le 24 octobre 1940 (extrait) :
" Comme suite à notre entretien de ce jour, j'ai l'honneur
de vous confirmer que la Feldkommandantur de Nantes a décidé
le rassemblement de tous les Bohémiens se trouvant en Loire-Inférieure.
Ces derniers devront être concentrés par les soins
de la Préfecture dans un camp où ils seront surveillés
par la police française. D'ores et déjà,
vous voudrez bien déterminer, par les soins de vos brigades,
les communes où se trouvent actuellement ces nomades, en
invitant ceux-ci à demeurer sur place sous peine des sanctions
prévues à l'article 3 du décret du 6 avril
1940 concernant la police des nomades (emprisonnement d'un à
cinq ans). Ces nomades resteront sur place jusqu'au moment où
je vous aurai indiqué le camp où ils devront être
dirigés. "
Instructions pour le chef
de camp des nomades de la " Forge " en Moisdon-
la-Rivière du 23 janvier 1941 :
" Le camp de concentration de Nomades installé à
la Forge en Moisdon-la-Rivière, a été créé
par un arrêté préfectoral en date du 7 novembre
1940 sur injonction des Autorité occupantes
"
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